La fatigue n’est plus un sujet marginal. Elle s’installe durablement dans le quotidien des salariés et influence directement leur capacité à se concentrer, décider et performer.
Le rapport Wellpass 2026 montre que cette fatigue est étroitement liée aux rythmes de travail et à la sédentarité, avec des effets mesurables sur la productivité .
Fatigue et performance : un lien désormais mesurable
Le constat
- 57 % des salariés français déclarent que leur performance a déjà été impactée par des problèmes de santé
- Plus d’un salarié sur deux souffre d’un déficit de récupération (fatigue mentale, stress, sommeil altéré)
Ce que cela implique pour l’entreprise
Une performance maintenue malgré la fatigue repose sur les réserves individuelles, et non sur un système soutenable. À moyen terme, cela se traduit par plus d’erreurs, une baisse de créativité et une hausse de l’absentéisme.
Comment agir concrètement
- Intégrer un indicateur simple de récupération dans les baromètres internes
quelques exemples :
« Je parviens à récupérer entre deux journées de travail »
« Mon niveau d’énergie me permet de travailler efficacement » - Suivre ces indicateurs par équipe
- En faire un sujet de pilotage au même titre que l’absentéisme ou le turnover
Les organisations qui prennent en compte la récupération observent jusqu’à 30 % de baisse de l’absentéisme.
Sédentarité : un enjeu de design du travail
Le constat
- 71 % des salariés jugent leur routine professionnelle trop sédentaire
- 67 % pratiquent pourtant une activité physique en dehors du travail
La sédentarité ne dépend pas uniquement des habitudes individuelles, mais surtout de la manière dont les journées sont structurées : réunions longues, postes fixes, écrans omniprésents.
Ce que cela implique pour l’entreprise
L’immobilité prolongée favorise la fatigue, la baisse de concentration et l’accumulation du stress.
Même des salariés actifs en dehors du travail peuvent voir leur efficacité diminuer lorsqu’ils restent immobiles toute la journée.
Comment agir concrètement
Il est possible de mener des actions concrètes sans faire de lourds investissements :
- Légitimer les formats favorisant le mouvement :
- réunions en marchant
- appels téléphoniques debout
- pauses actives courtes
- Introduire une règle simple : pas plus de 60 à 90 minutes consécutives sans bouger
- Encourager l’exemplarité managériale dans les pratiques quotidiennes
Plus de mouvement au travail est associé à –25 % de fatigue et +15 % de concentration.
Récupération : un facteur clé de productivité durable
Le constat
- 49 % des salariés déclarent que leur travail altère la qualité de leur sommeil
- La surcharge cognitive et l’hyperconnexion prolongent l’effort bien au-delà des horaires formels
La récupération devient un indicateur fiable de la qualité de l’organisation du travail.
Ce que cela implique pour l’entreprise
Un manque de récupération affecte directement la concentration, la prise de décision et la capacité à tenir dans la durée.
Comment agir concrètement
- Clarifier collectivement :
- les plages de disponibilité
- les temps sans réunion
- la définition des urgences
- Faire du droit à la déconnexion un sujet d’équipe incarné par les managers
- Former à la régulation de la charge réelle, pas uniquement à l’atteinte des objectifs
Des salariés reposés génèrent +15 à +20 % de productivité sur la durée .
En résumé
- Fatigue et sédentarité sont des indicateurs du fonctionnement du travail
- Mouvement et récupération influencent directement concentration et efficacité
Les entreprises qui repensent le rythme, le mouvement et la récupération transforment la santé en avantage concurrentiel.
Source
Rapport EGYM Wellpass 2026 : Travail vs Santé : Et si on arrêtait de choisir ?
Crédit photo : @louisedemetz