prévention

Travail sédentaire : une réalité plus fréquente chez les femmes

femmes et sédentarité

La sédentarité est aujourd’hui reconnue comme un facteur de risque pour la santé, distinct du manque d’activité physique. Elle correspond aux périodes prolongées passées en position assise, à faible dépense énergétique - une réalité largement répandue dans le monde du travail.

Les données scientifiques récentes montrent que la sédentarité ne touche pas les femmes et les hommes de manière strictement identique, tant en termes de prévalence que de conséquences sur la santé. Ces différences ne relèvent pas d’une cause unique, mais d’une combinaison de facteurs biologiques, professionnels et organisationnels.


Les femmes plus souvent exposées à l’inactivité physique

À l’échelle mondiale, les femmes présentent en moyenne des niveaux plus élevés d’inactivité physique que les hommes. Une étude internationale indique que 33,8 % des femmes sont classées comme inactives physiquement, contre 28,7 % des hommes.

En France, cette tendance se confirme :

  • 70 % des femmes n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés pour préserver la santé,
  • contre 42 % des hommes.

Par ailleurs, près de 8 femmes sur 10 effectuent moins de 10 000 pas par jour.

Ces chiffres ne concernent pas uniquement le sport ou les loisirs : ils traduisent une exposition globale à l’inactivité et à la sédentarité, tout au long de la journée.


Des effets de la sédentarité qui peuvent différer selon le sexe

La littérature scientifique montre que les impacts de la sédentarité ne sont pas uniformes entre femmes et hommes.

Certaines études suggèrent que :

  • des périodes prolongées de sédentarité sont associées à une augmentation plus marquée de la fragilité chez les femmes que chez les hommes, notamment à partir de l’âge moyen ;
  • à l’inverse, certains effets métaboliques liés au temps sédentaire (multimorbidité métabolique) apparaissent plus fortement associés chez les hommes dans certaines cohortes.

Ces résultats indiquent que la sédentarité peut influencer la santé selon des mécanismes différenciés, sans que l’un des deux sexes ne soit systématiquement plus vulnérable sur tous les plans.

Par ailleurs, les femmes semblent obtenir des bénéfices cardiovasculaires comparables, voire supérieurs, à ceux des hommes avec des volumes d’activité physique parfois plus faibles, ce qui suggère des différences de réponse biologique à l’activité et à l’inactivité.


Femmes et sédentarité au travail : une exposition structurelle

Une forte présence dans des emplois sédentaires

Les femmes sont largement représentées dans les métiers tertiaires, en particulier dans la catégorie des employés, qui regroupe de nombreux postes à dominante sédentaire.

En France :

  • 41 % des femmes actives occupent un poste d’employé,
  • contre 12 % des hommes.

Ces emplois impliquent fréquemment :

  • du travail prolongé sur écran,
  • des tâches administratives,
  • des réunions majoritairement assises.

Ce type de configuration professionnelle constitue un facteur structurel d’exposition à la sédentarité, sans pour autant concerner toutes les femmes.

Une sédentarité professionnelle largement répandue

Les études menées en milieu professionnel confirment cette exposition.

Dans une étude australienne, près d’une femme sur deux déclare passer la majorité de son temps de travail assise.

Ces résultats ne signifient pas que les femmes sont systématiquement plus sédentaires que les hommes, mais montrent que la sédentarité au travail concerne une large part des femmes actives, notamment dans les environnements tertiaires.

Des facteurs avant tout contextuels

Les données disponibles suggèrent que l’exposition à la sédentarité chez les femmes est principalement liée à :

  • des emplois tertiaires à dominante cognitive ou administrative,
  • des organisations du travail peu favorables au mouvement,
  • des contraintes temporelles limitant les opportunités de mobilité.

Ces facteurs ne sont ni spécifiques ni exclusifs aux femmes, mais ils apparaissent plus fréquemment dans les contextes professionnels qu’elles occupent majoritairement. La sédentarité doit donc être analysée à travers le cadre de travail et les conditions d’exercice, plutôt que comme un comportement individuel.

Ce qu’il faut retenir

  • Les femmes sont plus nombreuses à ne pas atteindre les recommandations d’activité physique.
  • Les effets de la sédentarité peuvent différer entre femmes et hommes selon les indicateurs de santé.
  • Une part importante des femmes occupe des emplois à dominante sédentaire.
  • La sédentarité résulte avant tout de facteurs organisationnels et professionnels, plus que de choix individuels.

👉 Agir sur la sédentarité des femmes au travail implique donc de repenser l’organisation des journées, les formats de travail et les opportunités de mouvement, plutôt que de se limiter à des messages comportementaux généraux.

Sources

  • Assurance Prévention – Activité physique et femmes
  • Van Uffelen et al., 2010. Occupational sitting and health risks: a systematic review. Am J Prev Med
  • Prince et al. 2020 Daily physical activity and sedentary behaviour across occupational classifications in Canadian adults. Health Rep
  • Johansson et al., 2020 Sitting, standing and moving during work and leisure among male and female office workers of different age: a compositional data analysis, BMC public Health
  • Men need twice as much exercise as women to lower heart disease risk, study finds. The Guardian Oct 2025
  • Kehler S. et al. 2020. Sex-differences inreation to the association betwenn patterns of physical activity and sedentary behavior with frailty. Archives of Gerontology and Geriatrics

💡 Envie d'en discuter ?

Découvrez comment ankré peut transformer le bien-être de vos équipes

Réserver un échange

📬 Ne ratez aucun article

Recevez nos conseils sur le bien-être au travail directement dans votre boîte mail