La sédentarité est aujourd’hui reconnue comme un facteur de risque pour la santé, distinct du manque d’activité physique. Elle correspond aux périodes prolongées passées en position assise, à faible dépense énergétique - une réalité largement répandue dans le monde du travail.
Les données scientifiques récentes montrent que la sédentarité ne touche pas les femmes et les hommes de manière strictement identique, tant en termes de prévalence que de conséquences sur la santé. Ces différences ne relèvent pas d’une cause unique, mais d’une combinaison de facteurs biologiques, professionnels et organisationnels.
À l’échelle mondiale, les femmes présentent en moyenne des niveaux plus élevés d’inactivité physique que les hommes. Une étude internationale indique que 33,8 % des femmes sont classées comme inactives physiquement, contre 28,7 % des hommes.
En France, cette tendance se confirme :
Par ailleurs, près de 8 femmes sur 10 effectuent moins de 10 000 pas par jour.
Ces chiffres ne concernent pas uniquement le sport ou les loisirs : ils traduisent une exposition globale à l’inactivité et à la sédentarité, tout au long de la journée.
La littérature scientifique montre que les impacts de la sédentarité ne sont pas uniformes entre femmes et hommes.
Certaines études suggèrent que :
Ces résultats indiquent que la sédentarité peut influencer la santé selon des mécanismes différenciés, sans que l’un des deux sexes ne soit systématiquement plus vulnérable sur tous les plans.
Par ailleurs, les femmes semblent obtenir des bénéfices cardiovasculaires comparables, voire supérieurs, à ceux des hommes avec des volumes d’activité physique parfois plus faibles, ce qui suggère des différences de réponse biologique à l’activité et à l’inactivité.
Les femmes sont largement représentées dans les métiers tertiaires, en particulier dans la catégorie des employés, qui regroupe de nombreux postes à dominante sédentaire.
En France :
Ces emplois impliquent fréquemment :
Ce type de configuration professionnelle constitue un facteur structurel d’exposition à la sédentarité, sans pour autant concerner toutes les femmes.
Les études menées en milieu professionnel confirment cette exposition.
Dans une étude australienne, près d’une femme sur deux déclare passer la majorité de son temps de travail assise.
Ces résultats ne signifient pas que les femmes sont systématiquement plus sédentaires que les hommes, mais montrent que la sédentarité au travail concerne une large part des femmes actives, notamment dans les environnements tertiaires.
Les données disponibles suggèrent que l’exposition à la sédentarité chez les femmes est principalement liée à :
Ces facteurs ne sont ni spécifiques ni exclusifs aux femmes, mais ils apparaissent plus fréquemment dans les contextes professionnels qu’elles occupent majoritairement. La sédentarité doit donc être analysée à travers le cadre de travail et les conditions d’exercice, plutôt que comme un comportement individuel.
👉 Agir sur la sédentarité des femmes au travail implique donc de repenser l’organisation des journées, les formats de travail et les opportunités de mouvement, plutôt que de se limiter à des messages comportementaux généraux.